D’après Dorothy Parker // Adaptation de Anita Van Belle et Virginie Jortay
« Excusez-moi pour la poussière » est la réponse que fit Dorothy Parker à Frank Crowminshield, directeur de « Vogue » et de Vanity Fair » à la question : « Si vous deviez rédiger votre épitaphe, qu’écririez-vous ? ».
Cela se passait en 1915, Dorothy Parker avait 22 ans. Une longue et tumultueuse carrière d’écrivain allait commencer pour elle. Réputée pour son esprit et son sens de l’humour hors du commun, Dorothy Parker allait plus faire parler d’elle à cause de son extravagance que par sa prolixité littéraire. Dommage, en quelque sorte, car elle ne laissera derrière elle que trois recueils de nouvelles et quatre de poèmes.
Malgré quantités de ses écrits pour le théâtre de Broadway et ses nombreuses collaborations scénaristiques hollywoodiennes (notamment pour A Star Is Born), elle n’accordera aucune importance à ces écrits qu’elle considère comme une trahison par rapport à son véritable art et peut-être n’a-t-elle pas tout à fait tort. Mais « Dottie » est dans l’engrenage, celui de la folie des années 20 et des années qui suivirent, de la mondanité, de l’argent qui ne sera jamais suffisant pour continuer à lui assurer son mode de vie… Sa vie semble idyllique pour certains, abyssale pour d’autres et de fait, l’alcool la rattrape à chaque moment, à chaque rupture, à chaque vide de sa vie, et ils sont nombreux.
Si Dorothy Parker a pris des positions politiques à certains moments de sa vie, d’abord contre l’exécution de Sacco et Vanzetti puis, pendant la guerre d’Espagne puis, contre la montée du nazisme pour enfin afficher des sympathies communistes, on peut croire qu’elle le faisait dans l’énergie du désespoir, pour échapper au vertige lié à son mode de vie mais aussi et peut-être surtout à l’angoisse de la page blanche. Elle écrivait peu, beaucoup trop peu et elle le savait.
Son œuvre est inclassable et comme elle le reconnaissait elle-même, jamais elle n’aurait pu prétendre à écrire un roman, trop compliqué. Malgré les nombreux honneurs et prix qu’elle reçut à la fin de sa vie, elle mourut dans la misère, seule dans sa chambre de l’hôtel Volney. L’urne qui contenait ses cendres est restée dans un bureau de notaires pendant 20 ans avant que la « National Association for the Advancement of Colored People » ne pu lui faire une cérémonie digne de ce nom.
Décidément, Dorothy Parker ne manquait pas d’humour quand elle répondit « Excusez-moi pour la poussière » à la question de Frank Crowminshield.
Distribution
- Mise en scène: Virginie Jortay
- Adaptation scénique:
- Anita Van Belle et Virginie Jortay
- Avec
- Anne Sylvain
- Hélène Gailly
- Brigitte Dedry
- Cédric Lenoir
- Lumière: Reynaldo Ramperssad
- Décor et costumes:Zouzou Leyens
- assistée de: Céline Rappez
- Construction décor: François Joris
- Direction technique: Gérard Raquet
Partenaires
créé le 23 janvier 2003