Rupture(s)

Un documentaire radiophonique crée par Stéphanie D’Haenens et Virginie Jortay



Quatre parents « rompus » par leurs enfants devenus adultes content avec pudeur la façon dont ils et elles vivent cette déchirure. Leurs pensées cheminent entre deuil et espérance, dévoilent le poids de ce qui se tait. Brisant le silence des familles, leurs paroles se croisent, s’altèrent, révèlent ce qui s’énonce rarement. Un récit choral sur l’incompatibilité de certains êtres, le transfert des traumas et l’incapacité même à nommer.

Le documentaire sonore dure 50 minutes et joue sur la choralité des voix. En choisissant de n’intervenir que très peu, les autrices laissent la place à l’écoute et au chemin que chacun.e se fraye dans cet entrelac d’histoires parfois lourdes et pleines de vie à la fois.

Écriture, prise de son, réalisation et montage : Virginie Jortay et Stéphanie D’Haenens

Mixage : Jonathan Vanneste

Témoins : Michèle, Marianne, Michel et Yves.

Conseils artistiques : Malin Björk, Hervé Brindel, Lise Bruyneel, Sarah Fautré, Myriam Saduis.

Graphisme : Lise Bruyneel.

Remerciements à Léone Deligne D’Haenens, Jean-Luc Plouvier.

Production : Groupe Kuru asbl avec l’aide du Fonds d’aide à la création radiophonique et la complicité de la compagnie Défilé.

Durée : 50 minutes

La perspective de ce documentaire nous a réunies. Nous qui étions passionnées de son et qui n’en avions plus fait depuis un moment, avons eu envie de convoquer des intimités similaires aux nôtres. La pandémie a eu son effet de recentrage, et avec lui, le besoin d’un retour aux fondamentaux. Au propre comme au figuré, ce slow down nous a projeté dans un présent et dans la nécessité de dire et d’attirer des paroles rares de personnes qui vivent la déchirure d’un lien fondamental, celui qu’à un parent vis-a-vis d’un enfant et vice-versa. Avec la radio, le médium était juste et s’est rappelé à nous comme une évidence.

Partenaires

Appel à témoignages

L’intention des autrices est de partir de leurs expériences personnelles que sont leurs ruptures avec un de leur parent. Ce sont elles, les « enfants », qui ont mis fin à la relation. Leurs récits croisés en convoquent d’autres. Les réalisatrices sont à la recherche non pas des enfants qui, comme elles, ont rompus mais bien de parents qui sont confrontés à la rupture imposée par leurs enfants.
Il est important que les témoins et réalisatrices ne se connaissent pas, c’est pourquoi cet appel convoque vos réseaux.
Ces parents, « reniés » témoigneront de leur vécu : comment vivent-ils cette déchirure ? Depuis quand ; qu’il y a-t-il à en comprendre ; quel est le dernier souvenir ; à quelles fréquences la pensée de l’être perdu se manifeste ; en quelles occasions ; s’agit-il d’un renoncement ; d’un possible dénouement ; comment le dire à autrui ; quelles sont les dispositions légales après le mort ?… Tant de questions qui restent en suspens et laissent la place à toutes les imaginations, alors que la réalité est plus simple : rien à comprendre, c’est déchiré. « Vivre avec ».
Comme l’écrit Claire Marin : « Même rompus, les liens peuvent rester sensibles, membres fantômes, témoins d’une ancienne vie. Il reste la trace de tout ce que cette dernière a inscrit en nous ; ce qui est infiltré, engrammé dans notre chair, nos pensées, notre manière d’appréhender et d’être ».
Leur démarche est faire entendre plusieurs témoignages, une choralité de parents « reniés », pour approcher ce qui sous-tend l’inconcevable rupture, celle du lien filial. Initial, sacré, celui auquel on ne touche pas. Révéler l’invisible, comme ce qui ne s’énonce pas.

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